La crise climatique, loin du complotisme.
INTRODUCTION
Moment paradoxal s'il en est ! Je prends mon stylo mais quelque chose me souffle qu'il s'agit peut-être d'un combat ridicule, que je me trompe de ne pas penser selon la pensée admise par une majorité dont certains tenants ont une voix autrement crédible que la mienne. Ne s'agit-il pas d'un nième combat à la Don Quichotte ? La réalité ne me suffirait-elle pas au point de vouloir suivre un imaginaire dangereux ? Je voudrais « réveiller » alors que c'est moi qui serait dans un songe grotesque. Et puis, pourquoi prendre le risque de me mettre dans le sillage de partis politiques dont je ne partage pas les autres idées ? Par une action contre-productive pourquoi risquer d'alimenter des sources complotistes ? Il existe donc de multiples freins objectifs qui devraient me faire poser mon stylo et ainsi abandonner l'idée de soutenir une voix inaudible.
Mais si, dans 10, 20 ou 30 ans on constatait amèrement que la voie royale était une impasse. Si malgré tous les efforts, aucun résultat ne se faisait jour ! L'Histoire recherchait alors si, à quelques moments, des voix dissidentes avaient existé ou bien si elles n'avaient pas été bâillonnées à tort. Cette recherche serait indispensable pour savoir comment l'Humanité doit repartir à la conquête de son destin, car les désorientations prises aujourd'hui auraient fortement déstructuré certains fondements construits sur des millénaires.
Alors « basta », je sers les doigts sur mon stylo et je poursuis.
ÉTAT DES LIEUX CLIMATIQUES
Outre des mesures quantitatives climatiques, des observations ordinaires montrent des évolutions notoires de la structure de la Terre. Affaiblissement des banquises polaires, fonte des glaciers montagnards, montée du niveau des océans avec effondrement des falaises, assèchement de cours d'eau. Le début de ces évolutions a été remarqué dans les années 1970 avec une accélération dans la fin du XXÈME siècle. Au niveau quantitatif, la température de l'eau des océans, celle prise sur les continents ont été mesurées avec une incertitude liée au trop petit nombre de mesure et à leur positionnement. Des mesures satellitaires ont résolu cette problématique. Des données chimiques ont complété l'analyse de la situation : taux de GES dans l'atmosphère à diverses altitudes, mesure dans des carottes glacières pour remonter le temps.
Il existe donc une banque de données que l'on peut considérer comme fiable sur laquelle on peut s'appuyer. Quoiqu'il en soit une évolution climatique est en cours sur notre Terre. Reste à comprendre son origine ! Du point de vue du raisonnement scientifique, il était indispensable de valider cette étape d'analyse pour pouvoir poursuivre un raisonnement.
LA DÉMARCHE SCIENTIFIQUE
Une conduite scientifique peut suivre deux voies possibles pour essayer de comprendre un phénomène. L'expérimentation en est la première à condition que l'on soit capable de reproduire le phénomène en ne faisant varier qu'un seul facteur à la fois. Il n'est pas la peine d'aller plus loin, on ne peut pas s'offrir une telle procédure pour le climat. On a donc recours à la modélisation. On va rechercher par une équation mathématique à se rapprocher au mieux des données disponibles. Les moyens de calcul sont devenus considérables et l'on peut ainsi traiter des problèmes multifactoriels sans difficulté . L'étape la plus délicate est l'énumération de tous les facteurs que l'on pense influant sur le climat. C'est là qu'apparaît la première faille de la modélisation car cette détermination se fait dans l’état actuel des connaissances. Les scientifiques du GIEC sont restés longtemps à dire que les émissions volcaniques n'avaient que très peu d'effet sur le modèle. Sauf que, à la suite de l’éruption du Pinatubo une baisse des températures a été mesurée mettant ponctuellement le modèle en défaut.
Et puis, une modélisation est un raisonnement par abduction. Ses résultats sont justes mais que probablement vrais. En effet la modélisation optimise le poids des facteurs identifiés en minimisant l’écart des résultats du modèle avec les données disponibles. Un modèle doit toujours être affublé de son coefficient de corrélation. C'est le pourcentage de chance que le modèle soit vrai. Mais il persiste toujours un doute incompressible qui doit nous donner l'humilité de reconnaître d'avoir intellectuellement un doute. On rejoint le doute hyberbolique de Descartes et donc, douter ainsi n'est pas une position complotiste, mais le résultat du raisonnement mené.
QUE DISENT LES RÉSULTATS DU GIEC ?
L' augmentation de température observée depuis quelques décennies serait particulièrement due au facteur anthropique c'est-à-dire dépendrait très fortement de l'action humaine. Donc contrôler le facteur anthropique permettrait de pouvoir contrôler les augmentations de température à venir. Une telle conclusion est obtenue en corrélant les évolutions de température avec les taux de GES mesurés. Déjà dans les années 1990, ce résultat avait été avancé et prédisait des températures en forte augmentation. Sauf que les experts ne disaient pas alors que mathématiquement on pouvait faire passer une tout autre courbe avec le même coefficient de corrélation (remarque faite par des membres de l'académie des sciences à l'époque ). On pouvait donc choisir deux courbes avec la même confiance . Il n'y avait aucune raison scientifique de faire le choix du GIEC. Ce choix idéologique aura des conséquences plus lointaines sur l'appréciation de ce que l'on appellera la crise climatique. D'autant que plus tard des événements d'écartement de certaines personnes n'adhérant pas au choix du GIEC ne manqueront pas d'avoir des contre-objectifs en pouvant alimenter un courant complotiste. Même dernièrement les scientifiques émettant des doutes sur le modèle sont dénigrés. Le plus médiatique de ces événements est donné dans un grand journal qui voulait éradiquer le complotisme. Pour ce faire, un « scientifique » du GIEC donnait son avis sur la position du prix Nobel de physique 2022 qui soutient que le modèle d’échange de température au niveau des océans n'était pas correctement pris en compte dans le modèle du GIEC. Les propos de ce scientifique interrogé étaient alors remarquables par son mépris envers un nobélisé -pour qui donc se prenait-il ? – et par son inconséquence par rapport à un déroulement de tout travail scientifique. En substance il disait que le prix Nobel n’était pas un climatologue -comme si les échanges thermiques n'étaient pas dans les cordes d'un physicien- et puis, qu'un vrai ( !) scientifique ne devrait pas se focaliser sur les points singuliers qui pouvaient s’écarter d'un modèle, que l'essentiel était son évolution générale. Voilà une énormité qui fragilise la position du GIEC et encore une fois peut malheureusement faire progresser le complotisme. Un scientifique est avant tout quelqu’un qui doute. Ces points singuliers ont forcément une raison de ne pas répondre au modèle et il est du devoir de tout scientifique de creuser le problème. Les résultats de l'expérience du pendule de Michelson se heurtait à la physique newtonienne, la théorie de la relativité restreinte a permis de la comprendre !...
Justement à propos de points singuliers, la catastrophe de l'épidémie mondiale de la COVID19 nous apporte malheureusement un tel point. Nous disions que ce serait bien de pouvoir faire varier à notre guise un facteur qui influence le phénomène suivi. La COVID 19 nous offre de tester l'effet direct d'une diminution de GES sur l’élévation de température. Le quasi arrêt des transports, la mise en veille de la production industrielle ont permis d’émettre 17% de moins de GES durant la période considérée de confinement. Aucune conséquence sur l'évolution des températures mesurées ! On aura beau expliquer que les effets des GES sont cumulatifs, on devrait, à un moment ou un autre, avoir un effet de cette diminution drastique des GES. Or les années suivant la COVID19 n'ont jamais été aussi chaudes. Voilà un petit coup de canif dans la mise en cause principale de l'action humaine sur le climat prédite par le modèle du GIEC.
QUELLES CONSÉQUENCES À L'ADHÉSION AU MODÈLE .
Alors donc, des milliers d'experts du climat se tromperaient aveuglément ! C'est impossible ! C'est insoutenable ! Peut-être pourraient-ils répondre à ces allégations, mais alors pourquoi n'avoir pas pris le soin, préalablement, d'une communication sans faille ? Ces experts sont des personnes nommées par leur gouvernement, or dans la communauté scientifique des climatologues il existe des divergences dont on ne parle pas et pour cause. L'esprit de culpabilité issu de racines judéo-chrétiennes serait-il responsable de ces positions ? Pour notre action anthropique sur le climat nous ne pourrions qu'être le principal responsable .
Pour autant, serions-nous donc de petits anges écologiques ? Non, bien sûr. Depuis la mythologie grecque nous savons que nous possédons une partie chaotique en nous de laquelle peut naitre de l'harmonie, mais il existe toujours une part de chaos dans l'action humaine. Nous déforestons outrageusement, nous consommons sans limite, nous gaspillons sans vergogne, nous sommes donc un facteur de la causalité des effets thermiques observés. Au niveau mondial nous avons tout intérêt à rectifier le tir pour aller vers plus d'équilibre, loi n°1 de l'écologie. En principe chacun pourrait faire un petit quelque chose dans son mode de vie, pour arranger. Mais cela n'est vrai qu’en considérant seulement la moyenne des actions humaines. Pour aller plus loin il faut considérer le pourcentage par pays, voire par habitant, des émissions de GES pour espérer avoir le véritable impact individuel.
QUELS SONT DONC LES CHIFFRES DE PRODUCTION DES GES
(source :statistique. développement-durable.gouv.fr édition 2023)
En 2021 les émissions de GES étaient en pourcentage de la production mondiale, l'évolution d’entre 1990 et 2021 et les données par habitant:
Pays % émission mondiale % évolution 1990-2021 % émission par hab évolution 1990-2021
EU 6,9% -27,2% 8,1% (France 6,3%) -31,6%
USA 11% -6,8% 17,5% -29,5%
Chine 29% +280% 10,8% +205%
Arabie Saoudite 1,5% +880% 21,6% +47%
Soute aérienne 0,8 % +50,6%
Soute maritime 1,4% +88%
Monde 6,7% +6,3%
Le déplacement d'activité industrielle vers la Chine a permis de diminuer la part de l’EU et des USA .
Le France contribue pour 1,7% des émissions mondiales en tenant compte de l'impact de ses importations.
Il est bien dommage que ce soit E. ZEMMOUR qui se soit emparé du sujet. Son manque de crédibilité (justifié) sur d'autres sujets fait qu'il était impossible de dire que la question posée était digne d'intérêt : le jeu de la transition écologique en valait-elle la chandelle ? Et Mr Jean Jouzel devrait mieux nous expliquer en quoi ce raisonnement serait biaisé.
Passons outre ces sarcasmes et analysons logiquement la situation. Les pays encore sous-développés et les pays émergents ne peuvent se permettre de limiter diverses productions génératrices de GES pour ne pas rester dans la pauvreté voire l'extrême misère. Même si les pays riches aidaient ces pays pour avoir une production plus propre, ces pays ont besoin de produire considérablement plus pour s'en sortir.
Les USA et la Chine émettent pour 40% des GES. Pour des raisons idéologiques et politiques, c'est selon, les gouvernements de ces pays cherchent quoiqu'il en coûte à produire pour soutenir ou accroître le confort de leur population (la Chine toutefois a la volonté de décarbonner son industrie).
Reste l'Europe (EU) qui contribue à hauteur de 7% des GES et qui pense guider moralement le monde et est donc prête à se sacrifier pour des objectifs aux effets incertains.
En effet, diviser par 2 d'ici 2050 ses émissions de GES correspond pour l'EU à une production de environ 1800Mt de CO2 en 2050. Les pays n'appartenant pas à l'annexe1 (qui sont les pays développés ) émettent 35061Mt avec un accroissement de 162,9% en 30 ans ; quand bien même ils stopperaient leurs augmentations de production de GES, l’économie faite par les pays de l'EU représenterait seulement 5% de cette production. Dans la réalité ce serait drastiquement moins car ces pays augmenteront forcément leurs émissions. Si on admet que l'accroissement du taux de GES est en relation directe avec l'augmentation de température, cette loi est valable dans les deux sens de variation. Or durant la COVID19 , comme déjà dit, ce taux a diminué de 17%, sans effet ( source Nature Climate Change). Alors…….penser que nos efforts changeraient quelque chose est illusoire.
De plus ce gain de moindre production aurait quel coût social pour l’Europe ? Un seul exemple dont personne ne parle : on veut électrifier les véhicules, pourquoi pas ! Mais qui va financer la perte pour l'état des taxes et impôts greffés sur les carburants (41,5 milliards pour la France en 2022)? Ce sera le consommateur d'électricité qu'il se déplace ou non d'ailleurs, comment faire autrement ? Par ailleurs cette transition écologique engendre une augmentation des coûts de production en Europe, cela risque donc d'augmenter nos importations au détriment du travail national et en accroissant la pollution par les transports.
Cette crise climatique et la responsabilité qui nous incomberait ont des conséquences psychologiques et philosophiques et c'est surtout cela qui paraît très grave. Donc, il faudrait mieux être sûr que ce que l'on veut imposer soit vraiment pertinent ! Un nouveau mot est né, l’éco-anxiété . On veut tellement nous faire prendre conscience de nos actes malveillants pour l'écologie que l'on nous matraque de références au changement climatique , comme pour Othello. La jeunesse en particulier a peur et on la voit se recroqueviller, toute action humaine devenant, pour eux, suspecte pour le climat. Et du point de vue philosophique, c'est une catastrophe. L’Humanité s'est battue quelques millions d'années contre ce qui lui était contraire, elle a gagné car elle a cherché des solutions aux problèmes qui lui étaient posés. Elle n'a pas reculé, elle a avancé. Tout le contraire de ce que certains prônent aujourd'hui. Tel le funambule, l’Homme ne peut pas s'arrêter sur son fil, il doit avancer pour ne pas chuter. L'immobilisme que l'on nous propose est mortel pour notre civilisation, l’Homme doit trouver une place non agressive dans la Nature, il ne doit pas en être extrait. Plus que la crise climatique, ce dont nous devons nous méfier, c'est de nous-mêmes et de cet esprit négatif. Et l’élan actuel que l'on veut nous imposer est négatif. Nous pouvons même retomber dans des conflits analogues aux conflits des frontières qui ont prévalu jusqu'au XX ième siècle. En partant d'une bonne intention, redonner du travail aux travailleurs de son pays, nous rebâtissons des frontières invisibles par la frustration des pays émergents et sous-développés avec la réduction du marché mondial. Si les pays dits industrialisés enclenchent une marche en arrière, cela équivaut pour certains pays à rester dans leur précarité et leur misère. C'est du pur égoïsme. Et certains pays disposant de forces militaires seraient peut-être tentés de s'en servir.
L'ÉPILOGUE
La volonté de transition écologique est avant tout idéologique. Nous avons, quelques-uns ont l'ambition de changer le climat en nous imposant des contraintes énormes alors que le vrai bénéfice climatique sera epsilonesque comme on vient de le voir.
Tout ceci prend sa source dans l’écologie radicale qui a pour stratégie l'heuristique de la peur, énoncée par H Jonas, avec le but ultime: la chute du capitalisme. Chute qui n'a pu s'opérer par des révolutions.
Bien sûr que le capitalisme dans ses excès est source de surconsommation, de gaspillage, de baffoument de milieux naturels. Mais il est aussi source de liberté que nous pourrions utiliser pour limiter ses effets néfastes , sans être obligés d'un retour en arrière comme veulent nous imposer quelques extrémistes.
Si vous n’êtes pas convaincus, regardez l'effet idéologique des « verts » allemands après Fukushima. Ils ont détruit l'industrie nucléaire allemande avec pour conséquence la reprise de l'utilisation du charbon. Quel bilan !.....Cela doit nous inciter à réfléchir et à ne pas catégoriser ceux qui doutent en les mettant parmi les complotistes ou les simples d'esprit. Douter est le début de la sagesse disait Aristote. Alors mettons nous en mode « pause » et réagissons à cette peur qui nous tenaille et nous paralyse inconsciemment l'esprit critique ; ne succombons pas à l'effet Othello. Dans le génie humain, il y a certainement des solutions à cette crise climatique. Mieux vaut avoir confiance en ce génie que de faire en arrière-toutes .